Voici en cette nuageuse journée du 2 juillet, une petite réflexion née de l'observation d'une certaine société pour laquelle j'ai travaillé et de ma petite expérience. J'ai étudié en Suède le management par projet de manière très conscieuse et parfois passionnément car je trouve que c'est un sujet aussi vaste qu'important. Propulsée dans la sphère du travail, je remarque que la réalité est bien différente des cours théoriques et des cas pratiques étudiés un an auparavant. Prenons un exemple pour illustrer mes propos: M. X a travaillé toute sa vie pour cette entreprise. Sa connaissance des process de l'entreprise, de sa culture et les compétences qu'il a acquises dans ce métier, que vont elles devenir dans 2 mois quand il partira à la retraite? Et bien, elles vont être perdues. Quiconque reprendra son flambeau, le reprendra éteind. Il aurait été tellement plus malin d'employer quelqu'un quelques mois avant le départ de M. X pour qu'il absorbe toutes les connaissances et compétences du futur retraité. Question de budget certes, mais avant tout question de stratégie. Cf Bresnen, M et Marshall, N (2002) The engineering or evolution of co-operation? A tale of two partnering projects.
Ca revient un peu à cette question que je me pose vis à vis des consultants et à moindre effet des stagiaires. Les consultants sont payés chers, mais économiquement c'est un bon calcul puisque l'entreprise n'a pas à caler dans ses charges fixes quelqu'un qu'il faudrait peut être d'abord former. Ainsi les consultants répondent au besoin des entreprises en connaissances et compétences spécifiques pour un moment précis et déterminé. Evidemment, même combat que pour M. X, ces connaissances, une fois la mission terminée s'en vont comme elles sont venues et personne n'en a profité. Si comme je le disais plus haut le calcul est bon économiquement, il ne l'est qu'à court terme. Ce n'est pas un scoop de dire que beaucoup d'entreprises réagissent et fonctionnent dans l'urgence des bénéfices à faire chaque année et n'ont dont pas le temps d'investir dans un avenir "très lointain" (genre 5-10 ans). Une entreprise qui externalise tout ce qui n'est pas directement lié à son coeur de métier, acquière des connaissances pointues dans son coeur mais prend également le risque d'être très faible en tant qu'entité sociétale. Personellement, j'ai trouvé très frustrant de voir partir à l'extérieur du travail que j'aurai aimé et pu faire pour ne me concentrer que sur la partie amont du travail.
Pour les stagiaires, m'est avis que beaucoup d'entreprises (je ne parle pas des start up) font un mauvais choix en employant sur des postes pour lesquels le besoin est constant et réel, des stagiaires. Outre le fait qu'il faut rechercher et reformer un stagiaire tous les 6 mois, toutes ces fraiches idées que le gentil stagiaire a le temps en quelques mois de voir émerger dans sa tête n'ont pas le temps d'être exploitées par l'entreprise qui perd là beaucoup c'est évident. Et je ne parle pas des conséquences dévastatrices pour les jeunes diplômés, cette "génération précaire", victime d'un système qui était sensé les rapprocher, les familiariser au monde de l'entreprise et lui en ouvrir les portes pour un futur emploi. Et l'image de l'entreprise dans tout ça? Même si certains stagiaires se voient en effet ouvrir les portes d'un emploi après leur stage, il n'en reste pas moins un bon nombre qui lutte pour trouver un vrai emploi plutôt qu'un stage rémunéré des cachuètes. De là, et c'est fort compréhensible, découle un certain mécontentement des jeunes diplômés et ils se forgent une mauvaise image de l'entreprise qui les a accueillis en stage, les a utilisés (certains diraient "exploités"...) comme une main d'oeuvre peu coûteuse pour effectuer un travail s'apparentant souvent à celui d'un cadre payé X fois plus. Je vous invite si ce sujet vous intéresse à aller sur ce lien J'imagine que tous ceux comme moi qui travaillent dans la communication et ont la chance d'être fraîchement diplômé savent de quoi je parle. D'ailleurs c'est un sujet que j'aborde très souvent avec mes amis, mais dont je développerai les idées dans un prochain billet.
Et vous, que pensez vous de ce sujet de la gestion de la connaissance dans l'entreprise? Je n'ai volontairement que lancer quelques pistes qui j'espère mèneront à un débat enrichi de vos idées et de vos témoignages.

Après ce petit moment de détente rédactionnel, je retourne à ma recherche d'emploi, ou peut être devrai je dire la recherche de mon emploi. Quelle question, n'est ce pas? 